# 3 Partager la joie Bonjour. Ici le père Edwin Keel. Je suis un prêtre Mariste et promoteur du laïcat mariste. Cet entretien est le troisième d’une série d’entretiens portant sur la spiritualité Mariste. Nous avons parlé de la joie, la joie en tant que caractéristique clef de la vie de Mariste, parce que cette joie était une réalité au cœur de la vie de Marie et que c’est cette joie qui l’a menée et guidée durant toute sa vie. Mais la joie n’était pas seulement quelque chose que Marie possédait. C'était également son cadeau aux autres, en effet son cadeau au monde entier. Lorsque Marie, enceinte de Jésus, rendit visite à sa cousine Elizabeth dans sa maison, on nous dit que l’enfant d’Elizabeth bondit dans son sein à la salutation de Marie (Luc 1, 41). Et quand Jésus est né, l'ange a annoncé aux bergers la joie que Marie avait apportée au monde en donnant naissance à Jésus : « Je viens vous annoncer une grande joie pour tout le peuple : Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur. (Luc 2, 11)» D’amener le Christ à tous ceux et celles que nous rencontrons, de porter le Christ dans le monde, de saluer les gens de telle manière que le Christ parle à leur cœur et qu’ils deviennent remplis de la joie de savoir que la bénédiction et la faveur de Dieu tombent sur eux, voilà la voie de Marie. C'est la voie de Marie car c'est la voie du Christ. Et c'est la voie chrétienne. Trois fois dans l'Évangile selon Saint Jean, on nous dit que le but de Jésus est de partager sa joie avec nous. Au chapitre quinze, Jésus nous dit que si nous respectons ses commandements, particulièrement celui de s’aimer les uns les autres, nous demeurerons dans son amour. Ensuite il dit, « je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » Au chapitre seize du même Évangile selon Saint Jean, Jésus dit que les disciples sont tristes maintenant qu’il est sur le point de mourir, mais qu’ils le reverront après sa résurrection. À ce moment-là, quand Jésus aura été établi en puissance à la droite du Père et qu’il pourra intercéder pour eux, les disciples pourront demander au Père, au nom de Jésus, ce qu’ils veulent, et le Père l'accordera. Jésus ajoute : « demandez et vous recevrez, pour que votre joie puisse soit parfaite. » Enfin, au chapitre dix-sept, encore dans l’Évangile selon Saint Jean, Jésus prie le Père pour ses disciples et déclare qu'il retourne au Père – c’est-à-dire, qu’il s’apprête à mourir par amour pour nous. Jésus continue en affirmant : « je dis ces paroles pour que mes disciples puissent partager ma joie dans sa plénitude. » Saint Jean doit avoir compris que le but entier de la vie de Jésus parmi nous était de partager sa joie avec nous, et que le but de la camaraderie chrétienne est que nous partagions cette joie entre nous et l’apportions à d'autres. Car nous voyons Jean, empreint de cette joie, parler dans ses épîtres de la façon dont il souhaite maintenant partager la joie avec les nouveaux chrétiens à qui il écrit. Dans sa première épître, Saint Jean décrit la grande joie d’avoir vu, entendu et touché Jésus en personne : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie – car la vie s’est manifestée, et nous avons vu et nous rendons témoignage et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était tournée vers le Père et s’est manifestée à nous – , ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Et notre communion est communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. » Saint Jean poursuit : « Et nous vous écrivons cela, pour que notre joie (la vôtre et la mienne) soit complète. » Et dans sa deuxième épître, Saint Jean dit qu'il se propose de rendre visite au peuple à qui il écrit et de leur parler face à face. Voici ses mots : « J’ai bien des choses à vous écrire, pourtant je n’ai pas voulu le faire avec du papier et de l’encre. Car j’espère me rendre chez vous et vous parler de vive voix, afin que notre joie (la vôtre et la mienne) soit complète. » Jésus est venu pour rien de moins que de partager sa joie, sa joie éternelle, avec nous. Le chrétien qui est venu à connaître Jésus et la joie qu’il apporte, veut partager cette joie avec d'autres. Notre très saint père, le pape Benoît XVI, en parlant à quelques évêques africains, déclarait que les catéchistes et les professeurs « devraient être bien formés dans la foi et être capable de communiquer la joie et le défi de suivre le Christ. » Le saint père se réjouissait que les catéchistes laïcs dans le pays du Ghana, bien que « souvent gênés par le manque de ressources ou menacés par un environnement hostile, restent des messagers intrépides de la joie du Christ. » Pour nous Maristes, Marie est : le modèle chrétien, le disciple modèle, la croyante modèle, celle qui a apporté la joie du Christ à tous ceux et celles qu’elle rencontrait. Les Maristes ont appris d’elle à faire la même chose. Voici une des manières utilisées par Jean-Claude Colin, le fondateur des Maristes, pour décrire notre mission : «Il faut que vous receviez tout le monde avec la paix de l’âme, vous faisant tout à tous, et que vous répandiez la joie dans le cœur des autres. Quand cela vous en coûte, eh bien, il faut faire ce sacrifice au bon Dieu, et ainsi mourir à nous-mêmes ». À un autre moment, le Père Colin, lors d’une retraite qu’il prêchait à quelques prêtres Maristes leur indiquant comment prêcher des missions paroissiales, leur dit, « Ce n'est pas pour l'argent que nous travaillons, mais pour le salut des âmes, et nous pouvons nous compter beaucoup plus riches, plus honorés et chanceux d’être des instruments de salut étant appelés à répandre la paix et la joie dans les âmes des personnes. » Joignez-vous à l’œuvre de Marie et aidez à apporter la joie du Christ au monde. Voilà la voie de Marie! Voilà la voie des Maristes |
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